Articles

28 Octobre 2020
Actualité

Location meublée, pas si rémunérateur selon les secteurs géographiques

Depuis un an, de plus en plus de bailleurs de biens vides se tournent vers la location meublée. Mais dans quelles grandes villes ce choix est-il vraiment le plus pertinent ? Éléments de réponse.

751 euros charges comprises. C’est le loyer moyen d’une location meublée en France en septembre 2020, selon le groupe SeLoger. Une location nue, elle, s’établit en moyenne à 708 euros. Pour les propriétaires, passer en meublé permet donc d’espérer des gains de quelques dizaines d’euros de loyer par mois. Soit l’équivalent d’environ un mois de location nue sur une année complète. “La location meublé, c’est en quelque sorte le 13e mois du bailleur” résume Florent Guiocheau, le responsable Data du Groupe SeLoger. Plus fort encore : ces revenus seront soumis à une fiscalité elle aussi à l’avantage du meublé. C’est peut-être ces raisons qui expliquent en partie pourquoi, selon SeLoger, 31% des investisseurs se tournent désormais vers ce type de location, contre 25% en mai dernier.

>> A lire aussi - Location meublée : conditions et avantages

Des villes bien plus attractives que d’autres

Pour Capital, SeLoger a déterminé combien de “mois” de loyer supplémentaires peuvent espérer toucher les bailleurs choisissant le meublé dans les villes de plus de 100.000 habitants. Et voici le résultat. Lyon se révèle comme étant de loin la commune la plus propice à ce type de location : les bailleurs touchent en effet l’équivalent de 3 mois de loyers “nus” supplémentaires par an. A Toulouse, là aussi, le meublé semble être une bonne affaire, puisque les bailleurs peuvent espérer 1,8 mois de loyer supplémentaire, comparé à la location nue. Strasbourg, Bordeaux et Paris complètent le Top 5 avec un gain potentiel d’environ 1,6 mois de loyer en moyenne.

A contrario, louer en meublé s’avère beaucoup moins attractif dans certaines grandes villes. A Nice, par exemple, le gain ne sera que de 0,16 mois de loyer supplémentaire. Le loyer moyen niçois étant à 848 euros pour le non-meublé, cela signifie que le bailleur ne gagnera en moyenne que 135 euros par an à passer en meublé ! Dans certaines villes, il peut même s’avérer plus rentable de rester en non-meublé. Ce sera le cas par exemple de Metz, de Rennes, ou d’Argenteuil. “Cela peut s’expliquer localement par la typologie des logements loués en meublés, et par le fait que ces logements sont parfois soumis à des plafonds de loyer”, avance Florent Guiocheau.

>> Notre service - Trouvez le crédit immobilier le moins cher grâce à notre comparateur

Gare à la vacance locative

Evidemment, derrière des revenus la plupart du temps plus élevés se cachent des contreparties. Parmi elles : des changements de locataires plus fréquents. Etudiants, jeunes actifs, familles de passage… Pour réussir à “rentabiliser” sa location meublée, il faut donc veiller à ne pas laisser son logement vacant trop longtemps entre chaque entrée et sortie. Sinon, trop de loyers sont perdus… et l’opération financière peut se retourner au désavantage du bailleur en meublé. C’est pourquoi les zones les moins tendues sont également souvent les moins propices à ce type de location.

Pour rappel, le préavis du locataire en meublé n’est que d’un mois (contre trois mois pour la plupart des cas de locations nues en zone non tendue). Les bailleurs n’ont donc que peu de temps pour retrouver un locataire, et éviter la vacance. “Dans des villes comme Paris, la pression est telle que ce n’est pas vraiment un problème. La question se pose pour les villes où la demande de logement est moins forte”, prévient Florent Guiocheau.

Autre bémol à prendre en considération : l’entretien du logement. Proposer une location meublée implique de fournir tous les éléments indispensables à ce type de bail : literie, four, ustensiles, table, chaise, réfrigérateur, etc. Enfin, si le turn-over est plus fréquent dans les locations meublées, cela signifie plus de recherches de locataires, plus de visites…. Et également des petits travaux de rafraîchissement plus réguliers. Mais pour les bailleurs prêts à consentir ces efforts, le jeu en vaut souvent la chandelle.